EXTRA MUROS: Geel – Middle Gate II – L'histoire de Dimpna
« Mon travail n’a rien à voir avec l’architecture, le style ou l’esthétique de l’espace d’exposition, mais avec “ce qu’est un espace d’exposition”. Un espace d’exposition est une structure de pouvoir. Mon travail adopte une attitude critique à l’égard de ce pouvoir… »
– André Cadere
Par refus de se conformer au système d’expositions, André Cadere a infiltré (tant sur invitation que de sa propre initiative) les galeries et les musées avec ses « barres de bois rondes » : des bâtons en bois fabriqués à la main, composés d’éléments peints. Il déterminait l’ordre des couleurs et le nombre d’éléments selon une suite mathématique qu’il a lui-même imaginée (incluant une erreur délibérée). Ainsi, chaque œuvre individuelle est une manifestation du même processus global. Lesdites « peintures sans fin » ont une longueur limitée, afin de toujours être suffisamment légères pour que l’artiste puisse les porter. Cadere visitait d’ailleurs régulièrement des expositions à l’improviste, une « barre de bois ronde » sur l’épaule et transformait ainsi temporairement ces lieux en une exposition de Cadere. En 1975, l’artiste a réalisé une intervention de longue durée à l’ICC, à Anvers. L’œuvre est restée visible un an durant, tandis que le contexte qui l’entourait évoluait. Pour Cadere, c’était précisément ce constant glissement de sens qui constituait l’essence même de l’œuvre.

