Saodat Ismailova — Chillahona
Chillahona (2022) réfléchit à la signification et à l’importance de pratiques culturelles ancestrales marginalisées en temps de turbulences politiques et sociales, comme celles qui ont caractérisé l’Asie centrale dans les années 1980. Instituées et appliquées peu avant la dissolution de l’Union soviétique, les réformes économiques et politiques radicales connues sous le nom de perestroïka ont donné lieu à un sentiment de désorientation. Tournée à Tachkent, en Ouzbékistan, cette installation vidéo à trois canaux fait référence à une forme architecturale ancienne de cellule souterraine (chillahona), utilisée en Ouzbékistan pour des retraites ascétiques d’une période de 40 jours. Le film, qui débute par des images d’archives de la période de la perestroïka, raconte l’histoire d’une femme qui se rend dans une chillahona pour revisiter ses souvenirs de cette période troublée. Tout au long du récit, divers animaux archétypaux accompagnent le personnage, ce qui suggère sa réconciliation avec le savoir ancestral. Le film est accompagné d’une réinterprétation moderne du falak, la broderie traditionnelle de Tachkent, qui représente le cycle lunaire, un utérus et divers animaux, et le tout est animé par une projection lumineuse inspirée du mysticisme soufi, comme une traduction symbolique de l’expérience spirituelle du personnage.
Un projet de : Saodat Ismailova
Photographie : Carlos Casas
Interprétation : Feruza Ruzieva
Musique : Tomoko Sauvage
Productrice : Aziza Pulatova
Assistant caméra : Andrey Morozov
Effets vidéo : Philippe Cuxac
Animation : Stefano Zeni
Étalonnage : Yannig Willman
Conception sonore : Marc Parazon
Traduction en ouzbek : Ibrat Safo


